Dr Chloé Solatges
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Le fibrosarcome du chat

Qu’est-ce que c’est ?

Les fibrosarcomes sont des tumeurs des tissus mous, qui se développent chez les chats à la faveur d’un traumatisme local, par exemple, un coup, une suture, une morsure de tique, ou une injection.

Dans les faits, on relie souvent l’apparition d’un fibrosarcome à la vaccination. Les premières observations avaient suggéré que les vaccins contre la leucose (FelV) ou contre la rage étaient plus souvent corrélés à l’apparition de ces tumeurs. Toutefois, des études plus récentes ont établi que la nature du vaccin n’influence pas la fréquence d’apparition de ces tumeurs.

Si la vaccination des chats contre les maladies infectieuses est cruciale en terme de prévention, il est également indispensable de choisir judicieusement quels vaccins seront administrés et leur site d’injection.

Quels sont les symptômes ?

Les fibrosarcomes sont des tumeurs agressives, qui comportent des projections qui s’incrustent dans les tissus périphériques, et qui se dispersent dans l’organisme chez 20% à 25% des chats. Un dépistage précoce et une intervention rapide sont les clés d’un traitement efficace.

Le fibrosarcome se présente sous la forme d’une boule non douloureuse, ferme, sous la peau. Il convient alors de consulter votre vétérinaire, en particulier si cette masse s’est développée sur le site d’un vaccin.

Quels examens sont nécessaires ?

Tout d’abord, il faut connaître la nature de la masse, à l’aide d’une biopsie. Ils ‘agit d’un petit prélèvement de la masse, qui est envoyé à un laboratoire spécialisé. Celui-ci analyse le prélèvement au microscope et définit les cellules qui le composent, de manière à donner un diagnostic précis.

Si les résultats confirment que la masse est un fibrosarcome, d’autres examens sont indiqués :

  • Bilan sanguin complet (numération-formule, bilan biochimique) et une analyse d’urine pour déterminer l’état de santé général de votre animal
  • Radiographies du thorax à la recherche d’une dissémination des tumeurs dans les poumons
  • Scanner ou IRM de la masse, de manière à en définir l’extension et à déterminer la meilleure marche à suivre.

Quel est le traitement ?

Pour les tumeurs de petite taille, une intervention chirurgicale peut être suffisante, à condition d’être agressive, c’est-à-dire de retirer suffisamment de tissus tout autour. Dans certains cas, lorsque la tumeur se développe sur un membre, l’amputation de ce membre peut être indispensable. La survie médiane suite à ce type de chirurgie est d’environ 19 mois.

Lorsqu’il est probable que la chirurgie ne suffira pas, d’autres options thérapeutiques doivent être considérées. En effet, si la chirurgie n’a pas pu retirer la tumeur dans son intégralité, elle peut récidiver après 2 semaines à 6 mois.

C’est pourquoi, le morceau retiré par chirurgie est toujours envoyé au laboratoire, qui sera à même de préciser si les bords en sont nets, ou s’il reste des cellules cancéreuses sur le site. En effet, il n’est pas possible de le savoir au cours de la chirurgie, car les tissus normaux et cancéreux périphériques ont souvent un aspect similaire.

Lorsque la chirurgie n’a pas suffi, la radiothérapie peut être utilisée. Lorsqu’il existe un grand risque de métastase (diffusion à distance), une chimiothérapie peut être instaurée en complément. L’association de ces différents traitements permet d’augmenter la médiane de survie de manière significative.
L’opinion d’un spécialiste en oncologie est souvent recommandée, car le traitement de ces tumeurs peut être invasif et leur suivi, complexe.

Traduit et adapté d’après Margaret C. McEntee, in Ettinger’s Veterinary Textbook of Internal